SAFI
KALÉIDOSCOPE SUR L A PRESSE LOCALE
Le journalisme considéré comme le quatrième pouvoir, après le juridique, le législatif et l’exécutif, est aussi le media le plus démocratique dans la mesure où il est le plus accessible au citoyen. Mais est ce que ce média peut prétendre à ce pouvoir ?
La question se pose surtout pour les journaux locaux marocains.
Certes toutes les publications locales marocaines rencontrent les mêmes difficultés et les journaux safiots n’en font pas exception. En effet les publications sont nombreuses (Manbar Asfi – Ouyoun Asfi – Sadaa Asfi – Al Bayan Al jihaoui – Assif – Al hadat Assahafi – Lowaa Asfi – Assrar Asfi – Al hakika Assiassia - Sawt Asfi...). Elles sont toutes rédigées en arabe. Le seul journal (répondant aux critères de la presse professionnelle) à avoir été publié en français était « Safi Hebdo » dont le directeur était Mr. Saïd El warradi (actuellement directeur d’une agence de communication) et cela entre 1994 et 1997.
Malheureusement ces journaux sont des publications irrégulières et sporadiques. Cela est dû à divers contraintes, parmi ces contraintes, les moyens matériels et humains, puisque les journaux locaux ne bénéficient pas de subventions de l’état et donc comptent sur leurs propres moyens.
Le tableau ci-dessus fourni les états-civils des différents journaux locaux apparut récemment à Safi :
Toutefois, le financement n’est pas le seul problème empêchant l’épanouissement de la presse locale de Safi. Alors que peuvent être les autres contraintes qui entravent la réussite les publications safiotes?
Selon Mr El warradi, la presse safiote souffre non seulement d’un manque de subventionnement mais aussi l’absence de canaux d’information puisque les agences de presse ne fournissant pas d’informations locales, le journaliste se trouve contraint de partir en quête de l’information. Sur un autre plan, la presse locale comporte de nombreuses lacunes telle que le manque de formation, puisque dans certains cas, les responsables d’un journal ne possèdent pas le niveau d’étude requis. On rencontre aussi des problèmes de structure (l’entreprise est mal structurée vu qu’une personne peut tenir plusieurs fonctions au sein de la même entreprise). L’amateurisme et le manque de professionnalisme sont des caractéristiques significatives de cette presse. Les données ci-dessous permettent d’analyser la situation de la presse locale à la lumière des critères régissant la presse professionnelle.
Ce qui démontre que les journaux locaux de la ville de Safi sont ennuyeux, manquent d’informations fiables, contiennent beaucoup de commentaires, dépourvus d’informations et de contre informations. Et prouvent à quel point les publications safiotes sont des journaux amateurs. On peut aussi déceler une absence de stratégie de marketing, de positionnement et de ciblage. En effet, ces publications se basent surtout sur « l’image » et sur des sujets populaires étant donné le taux d’analphabétisation au Maroc.
Apparence, mise en page, rubriques, Ca ne presse pas !
Comparées aux journaux professionnels, les publications locales safiotes sont déconcertantes puisque les principes élémentaires de la presse en général ne sont pas respectés, à titre d’exemple la une est quasi vide, ne contenant que trois titres au maximum, elle manque d’appels et de délimitations des différentes parties de la page (la tribune, le ventre, le pied). On peut aussi souligner l’absence de rubriques dans certaines publications, la condensation des pages et surcharge d’images… Le tableau ci-dessous offre une illustration substantielle de ce fait :
Ajoutons à ces contraintes le fait que beaucoup de journaux locaux transgressent les règles de la déontologie et peuvent même parfois toucher à l’éthique, le nombre de procès attenté contre ces publications le prouve. Toutefois, même face à ces inconvénients, les safiots aspirent à un renouveau et attendent de voir s’épanouir un journal digne de ce nom ; Une publication qui pourrais refléter leurs opinions, leurs idées ; Leur offrant des rubriques riches et diversifiées dans le contenu et dans l’apparence ; Mais cela demeurera-t-il un espoir inaccessible ou bien un rêve à concrétiser dans un avenir proche ? Fatima-ezzahra Bakarri.






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